Le règlement anti-Airbnb de La Rochelle est-il validé par la justice ?
Oui. Contesté par douze propriétaires, le dispositif rochelais a été validé dans son ensemble par le tribunal administratif de Poitiers le 26 septembre 2025 : l'agglomération est en droit de limiter la location touristique, et le plafond de trois autorisations par propriétaire a été jugé légal. C'est un signal fort pour toutes les villes moyennes touristiques : le cadre juridique des restrictions locales est solide.
Combien de jours peut-on louer sa résidence principale à La Rochelle ?
Jusqu'à 120 jours par an, soit le plafond national. Contrairement à Marseille, Lyon, Bordeaux ou Montpellier, l'agglomération de La Rochelle n'a pas usé de la faculté ouverte par la loi Le Meur d'abaisser ce plafond à 90 jours. La déclaration préalable et l'obtention d'un numéro d'enregistrement restent obligatoires, via la plateforme DéclaLoc.
Attention à ne pas confondre ce plafond, qui concerne la seule résidence principale, avec le régime applicable à un logement loué toute l'année en meublé de tourisme : celui-ci relève de l'autorisation de changement d'usage, bien plus contraignante.
Combien d'autorisations un propriétaire peut-il obtenir à La Rochelle ?
Trois au maximum. Le règlement de l'agglomération plafonne à trois le nombre d'autorisations temporaires qu'un même propriétaire peut détenir sur les dix communes classées en zone tendue (La Rochelle, Angoulins-sur-Mer, Aytré, Châtelaillon-Plage, Dompierre-sur-Mer, Salles-sur-Mer, Lagord, Nieul-sur-Mer, Périgny et Puilboreau). C'est précisément ce plafond qui était attaqué devant le tribunal administratif, et qui a été validé.
La durée de l'autorisation varie selon la commune : un an à La Rochelle, trois ans dans les autres communes tendues de l'agglomération. Elle doit donc être renouvelée, sans garantie d'obtention.
Quels quartiers de La Rochelle imposent une compensation ?
Trois secteurs sont concernés : les Minimes, le Centre-Ville et le Gabut. Pour y louer un logement à l'année en meublé de tourisme, le propriétaire doit compenser, c'est-à-dire transformer une surface non résidentielle en logement à l'année sur le territoire de La Rochelle, ou acquérir des droits de commercialité.
En pratique, cette exigence ferme la voie directe pour la grande majorité des particuliers : elle suppose une opération immobilière distincte, d'un coût sans rapport avec le rendement attendu d'un meublé de tourisme.
