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Loi nationale

Loi Le Meur : ce que la loi du 19 novembre 2024 change vraiment pour la location courte durée

Surnommée « loi anti-Airbnb », la loi Le Meur ne supprime pas la location courte durée : elle la réencadre en profondeur. Voici, sans jargon, ce qui change concrètement pour un propriétaire — et comment continuer à valoriser son bien dans ce nouveau cadre.

Dernière vérification : juin 2026 · 9 min de lecture · Sources officielles citées en bas de page

D'où vient la loi Le Meur ?

Portée par la députée Annaïg Le Meur, la loi n°2024-1039 du 19 novembre 2024 « visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l'échelle locale » a été publiée au Journal officiel le 20 novembre 2024.

Son objectif affiché : rééquilibrer l'offre de logements dans les zones tendues, où la location touristique de courte durée a réduit le parc disponible pour les résidents. Elle donne aux maires des leviers nouveaux et durcit la fiscalité qui rendait la courte durée très avantageuse.

Le volet fiscal : la fin de l'avantage micro-BIC

C'est le changement le plus immédiat. Pour les revenus perçus à compter du 1ᵉʳ janvier 2025 :

  • Meublé de tourisme non classé : abattement micro-BIC ramené de 50 % à 30 %, et plafond de chiffre d'affaires abaissé de 77 700 € à 15 000 €.
  • Meublé de tourisme classé : abattement ramené de 71 % à 50 %, plafond abaissé à 77 700 €.
  • La location nue ou meublée longue durée n'est pas concernée : son régime micro reste inchangé.

Le volet énergétique : le DPE devient bloquant

La loi aligne progressivement les meublés de tourisme sur les exigences DPE de la location classique. Concrètement, dans les communes soumises à autorisation de changement d'usage, un logement classé F ou G ne peut déjà plus être proposé en meublé touristique, et l'exigence se durcira jusqu'en 2034.

Pour un propriétaire, le DPE n'est donc plus une simple formalité : il conditionne le droit même de louer en courte durée. Notre guide dédié détaille le calendrier complet.

Le volet local : des maires beaucoup plus puissants

La loi transfère aux communes des leviers décisifs :

  • Abaisser la limite de location d'une résidence principale de 120 à 90 jours par an.
  • Instaurer des quotas d'autorisations et délimiter des secteurs où la courte durée est restreinte.
  • Imposer une compensation pour transformer un logement en meublé touristique, y compris pour un premier bien.

Le volet national : l'enregistrement obligatoire

La loi généralise l'enregistrement : toute commune est désormais concernée, sans délibération municipale préalable. À compter du 20 mai 2026, un téléservice national unique (DéclaLoc) centralisera les déclarations et délivrera un numéro à afficher sur les annonces.

Les sanctions montent en puissance : jusqu'à 10 000 € en cas de défaut d'enregistrement et 20 000 € en cas de fausse déclaration ou de faux numéro.

Questions fréquentes

La loi Le Meur interdit-elle l'Airbnb ?

Non, elle ne l'interdit pas. Elle encadre fortement la location courte durée d'un meublé de tourisme : fiscalité moins favorable, DPE bloquant, enregistrement obligatoire et pouvoirs renforcés des communes. Dans les zones les plus tendues, ces contraintes combinées rendent la location d'une résidence secondaire en direct très difficile en pratique.

Depuis quand la loi Le Meur s'applique-t-elle ?

La loi a été promulguée le 19 novembre 2024. Le volet fiscal s'applique aux revenus perçus depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, et l'enregistrement national unique devient obligatoire à compter du 20 mai 2026.

Et concrètement ?

Rester rentable, légalement

La loi Le Meur ferme la porte à la location touristique d'une résidence secondaire en direct, mais elle laisse intacte la courte durée encadrée pratiquée par un résident dans sa résidence principale. C'est exactement le cadre légal sur lequel s'appuie Joyloc pour qu'un propriétaire continue de percevoir un revenu courte durée additionnel, sans s'exposer aux sanctions.

Sources officielles

Ce guide est fourni à titre d'information générale et ne constitue ni un conseil juridique ni un conseil fiscal personnalisé. Les règles évoluent : vérifiez toujours l'information auprès de votre mairie ou d'un professionnel.

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